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Mauresmo : « Très émue »

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Emmanuel LANGELLIER
 
 
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Mercredi 10 février 2010 à 23h30
Désormais retraitée, Amélie Mauresmo revient sur l'émouvant hommage qu'elle a reçu mercredi soir. La Française, qui n'effectuera pas de retour, livre aussi sans langue de bois son avis sur la situation du tennis féminin français actuel.  

Amélie, qu'avez-vous ressenti au cours de l'hommage que vous avez reçu sur le court ?
J'étais émue, touchée par l'hommage des joueuses d'une part, du public évidemment, et tous ceux qui ont participé à l'aventure au fil de toutes ces années. J'étais très émue de voir tout le monde. Je me dis que la carrière tennistique est passée mais que j'ai tissé des liens au-delà de ça puisqu'ils étaient quasiment tous là ce soir.

Vous avez dit que « rien n'était très clair dans votre tête » au sujet de votre départ, combien de temps vous accordez-vous pour dire que vous revenez ?
J'attends le bon moment (rires). Autant il y a deux mois quand j'ai fait la conférence pour annoncer que j'arrêtais, on m'avait déjà posé la question « est-ce qu'il y aura un come-back, etc ? », et c'est vrai que, pour le coup, j'avais dit « il ne faut jamais dire jamais » car on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Mais aujourd'hui, je crois que je peux dire sereinement que je ne ferai pas de come-back (rires). Je profite...

Qu'avez-vous fait depuis deux mois ?
Très rapidement, j'ai essayé de me projeter, de répondre à pas mal de propositions de toutes sortes que j'avais. Je pense qu'il y avait un peu la peur du vide, l'angoisse après toutes ces années où il y avait chaque jour un planning plutôt chargé. J'ai creusé pas mal toutes les pistes qui se présentaient et puis, il y a un moment où je me suis dit « c'est vraiment le moment de se poser, de prendre du temps pour moi, pour profiter des amis, des moments qu'on n'a pas forcément l'occasion de partager quand on essaie d'avoir une vie un peu saine. » Aujourd'hui, c'est pour moi le moment de prendre du temps, pour prendre des décisions, ou pas, dans le courant de l'année. Savoir concrètement ce que j'ai envie de faire, comment, etc, à l'image finalement de ce que j'ai fait dans ma carrière.

« Ce qu'il se passe dans le tennis féminin français m'énerve profondément »

Vous avez fait quoi alors, vous êtes partie en vacances, vous avez bouquiné ?
Vous savez, un des paramètres qui commençait à être pesant, c'étaient les voyages, donc j'avoue que je n'ai pas beaucoup bougé. L'idée d'aller au soleil, effectivement, était plutôt sympa, mais l'idée de faire beaucoup d'heures d'avion l'était beaucoup moins. Donc j'ai choisi de voir les amis. Je suis parti dans le sud, j'ai plus profité...

Vous n'avez plus du tout envie de jouer ?
Je n'ai pas eu envie de toucher la raquette déjà. C'est clair et plutôt bon signe à la limite. Je pense qu'il y avait une vraie overdose. A un moment, c'était un peu le trop plein donc finalement, je suis en accord avec cette décision de passer à autre chose. Ca me convient bien. Pouvoir déguster quelques bouteilles, c'est important (rires). Après avoir rempli la cave, il faut la vider.

Sans avoir eu envie de retoucher la raquette, ce qui se passe dans le tennis féminin français ne vous a pas donné envie de vous impliquer plus ?
Ou au contraire de... (rires) parce que... Ca m'énerve profondément. Ce serait plutôt limite de dire « allez on va s'éloigner parce que ça commence vraiment à m'énerver ». Il y a des polémiques qui sont là. Globalement, le tennis, ça a été ma vie donc il y aura toujours probablement une partie de moi qui voudra faire avancer le « smilblick ». Mais, voilà, je suis assez énervée, voire révoltée, par tout ce qui se passe, sur la Fed Cup, sur les critiques, etc. Ca commence vraiment à être énervant.

« Ce n'est pas la mer à boire d'être une bonne semaine sans son entraîneur »

Vous pouvez développer...
C'est toujours facile de juger un groupe quand on n'est pas dedans. Malheureusement, c'est votre boulot (la presse). Mais, à un moment donné, il faut respecter les gens en place qui font le boulot car ils connaissent leur métier. Après, ils ont un point de vue au sujet de l'ouverture ou pas de l'équipe - puisque c'est de ça qu'il s'agit - qu'il faut respecter. C'est un point de vue qui me semble porter ses fruits. A vous de le dire. Il faut aussi peut-être remettre en question le réservoir du tennis féminin français aujourd'hui. On parle toujours de la génération 1979, il y a eu Mary (Pierce) qui est venue s'y greffer. Aujourd'hui, il faut reconstruire. Ca passe aussi par des valeurs. Il y a un gros boulot à faire à la Fédération. Il ne s'agit pas de dire « est-ce que Nico (Escudé) devrait ouvrir ou pas ? » Le débat est un peu là mais, si on veut rester dans des valeurs - que j'ai toujours défendues dans ma carrière - de respect, d'engagement, de groupe, de cohésion, je crois qu'on n'a pas trop le choix. Je lis un peu ce qu'il se dit, je crois que ce n'est pas non plus la mer à boire d'être une bonne semaine sans son entraîneur pour une joueuse. Je pense que ça apporte beaucoup aussi. Globalement, le débat m'énerve, vous l'aurez compris. Les choses ne sont pas évidentes dans le tennis féminin français, on s'en rend compte, donc il faut aussi laisser du temps au temps. A part Kristina Mladenovic qui arrive derrière... Il faut qu'Alizé (Cornet) reprenne le bon bout. Ca va prendre un petit peu de temps quand même.

Que pensez-vous du haut niveau féminin ?
Depuis que je suis partie, ça a vraiment baissé (rires). Non... Il y a toujours une phase à ce niveau-là. Globalement, depuis dix ans, ça a beaucoup évolué au niveau du style de jeu et physiquement. Je suis assez impressionnée par Serena (Williams) finalement qui traverse toutes ces phases quoiqu'on puisse dire et malgré ce qu'on a pu lui reprocher. Elle est là, elle remporte l'Australie douze ans après avoir gagné son premier Grand Chelem. C'est vraiment la leader du tennis féminin. Peut-être qu'on aimerait avoir un peu plus de rivalité comme ça a pu être le cas par le passé. Mais on va retrouver ça, ce sont des cycles. Je ne suis pas inquiète, ça joue bien. Le seul truc qu'on peut dire, c'est qu'il y a moins de variations, ça devient de plus en plus stéréotypé et c'est parfois dommage.

Avez-vous regardé l'Open d'Australie ?
Oui, j'ai regardé quelques matches. Bon, pas la nuit (rires), mais le matin après avoir couru deux heures. Je me disais « l'Australie va commencer, peut-être que je vais avoir un pincement, que ça va me faire bizarre, etc ». Et pas du tout, j'ai suivi ça de manière intéressée mais avec pas mal de détachement. En tous cas, je ne m'y voyais pas du tout...

Vous courrez pour vous entraîner en vue du marathon de New York...
C'était une blague... J'essaie de m'entretenir. Je suis inscrite au marathon donc ça va être difficile de reculer. La préparation commencera plus tard, on ne va repartir tout de suite dans le « dur ». C'est bien d'avoir un petit objectif comme ça, ça n'a l'air de rien mais ça va me tenir en forme et me permettre d'avoir une échéance.

L'hommage à Mauresmo : De l'amour et de la sincérité

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